Le Conte de la princesse Kaguya est arrivé sur Netflix, offrant l'occasion de redécouvrir l'ultime réalisation d'Isao Takahata, cofondateur du Studio Ghibli. Basé sur un conte folklorique japonais du Xe siècle, le film suit une créature céleste découverte dans une tige de bambou qui grandit pour devenir une femme d'une beauté inégalée, avant de se sentir de plus en plus étouffée par les contraintes de la noblesse terrestre.

Contrairement à l'esthétique luxuriante et picturale typique des films de Hayao Miyazaki au sein du studio, Takahata a opté pour un style minimaliste, rappelant le fusain et l'aquarelle. Ce choix esthétique sert le cœur émotionnel du récit, permettant à l'animation de varier entre un mouvement expressif effréné et une beauté sereine et statique. Il demeure l'un des films les plus visuellement distincts de tout le catalogue du studio.

Sur le plan critique, le film s'impose comme un pilier du genre. Il a décroché une nomination aux Oscars pour le meilleur film d'animation — une première pour Takahata — et a remporté sept récompenses dans divers festivals internationaux et associations de critiques. Avec une note de 8,22 sur MyAnimeList basée sur plus de 136 000 votes, il est largement considéré comme un sommet du fantastique historique et du récit philosophique.

Au-delà des prouesses techniques, le film est une méditation sur la fugacité de la vie et le conflit entre les attentes sociétales et la liberté individuelle. La réalisation de Takahata dépouille le conte de fées traditionnel de ses artifices pour se concentrer sur le poids écrasant de l'attachement humain et l'inévitable retour vers le céleste.

Avec une durée de 137 minutes, il s'agit d'une expérience dense et contemplative qui récompense la patience du spectateur. Le film constitue une conclusion profonde pour l'un des réalisateurs les plus rigoureux de l'animation, capturant la mélancolie et l'émerveillement d'une légende classique avec une précision cinématographique moderne.